Home > R&B/Soul > JP MANO PART 2

JP MANO suite et fin. Petite séance de rattrapage si vous n’avez vu la première partie => ICI :) JP MANO c’est aussi beaucoup de savoir, le genre d’homme qu’on écoute avec attention.

Un classique c’est quoi ? 

JP: « Pour moi un classique c’est quand on se retrouve et qu’on est tous d’accord sur le fait qu’un album a marqué tout le monde même si c’est d’une manière différente. Il n’y a pas de date de péremption avec l’art, c’est ta rencontre personnelle avec l’oeuvre. Il y a pleins d’albums auxquels j’ai été sensible et je le suis moins maintenant. Ils me rappellent juste un souvenir. »

JP MANO nuance le regard analytique que l’on peut avoir sur un album. Vous voyez cette façon que l’on a d’attribuer des points et de dire 1h après l’écoute « c’est nul » ou « je passe ». Comme lui, j’adore le son et je fais partie des gens qui aiment prendre le temps d’écouter un album. Je donne rarement un avis car il y a tellement à comprendre. Je me dis que c’est toujours compliqué de juger en 24h un album qui représente beaucoup de travail. Est-ce que l’on sait d’où vient l’artiste ? Quelle est son histoire ? À quoi est-ce qu’il fait référence dans ses paroles ? Est-ce ce que l’on prend le temps de comprendre avant de noter ?

MILES DAVIS

JP: « Pour moi, aller à la rencontre du travail d’un artiste est une vraie démarche. Quand celle-ci est simplifiée (par un téléchargement par exemple) elle perd de son sens. On doit être curieux, investiguer, faire la démarche de rechercher. »

Ce que représente la musique pour lui ? 

JP: « Je me suis identifié à des gens qui avaient une place honorable dans la société. Michael Jackson avait cette image cool. À travers les pochettes d’albums, je voyais des gens en haut de l’affiche (contrairement à l’image qu’on voyait des noirs en France). À travers la musique et la preuve inévitable d’un talent de la part de ces artistes, j’ai pu m’identifier et être apaisé, c’est au-delà de l’image. J’avais l’impression que les prestations (scéniques, vocales…) de ces artistes rendaient justice à qui j’étais. »

D’Angelo

La passation du son, comment ça marche ? Ce sont des gens qui sont initiés à la musique et qui en parlent à d’autres et c’est grâce à de nombreux voyages à Londres et en Belgique pour acheter des disques que la musique lui a été plus accessible. « À mon époque, Malcolm X et autres étaient déjà morts, ces gens n’étaient plus là pour nous représenter. La musique est devenue une alternative. Il fallait fouiller, il y avait un vrai travail de recherche. » 

Sly Johnson

Ce qu’il aime c’est la rencontre d’un morceau avec le public. D’ailleurs il y a beaucoup de choses que l’on ignore sur les Djs.

« Mon rôle en tant que DJ, c’est d’avoir un rôle de transmission fort. Je ne vais pas mettre un morceau juste 10 secondes. Les gens doivent apprendre à regarder un DJ et voir à quel point ils sont sensibles et susceptibles de retranscrire au plus près, une émotion générale. Qui peut prendre 3000 personnes et les rendre fous ? Les artistes, les hommes politiques, les djs ? Ce que l’on ignore c’est que c’est bien plus que de passer des disques. Tu ne passes pas les mêmes titres en fonction de qui est à ta soirée, en fonction de l’heure ce n’est pas la même texture. Est-ce en été en hiver ? Est-ce un barbecue, un afterwork ? Ma spécificité c’est que je mets de la musique pour les gens qui ne dansent pas. Ceux qui sont timides qui n’osent pas parce qu’ils ont honte ou peu importe la raison. J’ai envie qu’en restant assis, les gens passent une bonne soirée. Les djs sont les hommes de l’ombre. Il y a aussi une différence entre nous et ceux qui ont le nez sur leur ordinateur. Chaque morceau est un choix risqué. »

Pour avoir eu la chance de l’entendre. C’est exactement l’effet qu’il procure.

« On a encore besoin de la musique, il faut que les gens sachent, entendent, écoutent et je veux faire partie de ça, prendre part à ça même si je suis un épiphénomène. À travers ce que j’ai compris de mon histoire personnelle et ethnique je n’ai plus peur d’être le témoin de ce qui va arriver. Je n’ai pas l’angoisse de la reconnaissance. Ce combat c’est pour mes enfants, les enfants de mes enfants … »

JP MANO a aussi une plateforme où il s’exprime. « Mon blog c’est quelque chose d’important. J’aime écrire. Je suis le témoin de choses, j’aime relater. J’écris sur ce qui me touche, me frappe en me disant que les mots apaiseront la conscience. Une façon de dire : Hey je ne suis pas que ça. Écrire pour chasser le regard que l’on peut avoir sur les Djs. » JP MANO, organise des soirées, met sa culture au profit d’artistes en tant que coach vocal, apporte son savoir-faire pour orienter les choix musicaux dans des films, participe à des conférences, tient un blog… Pour le suivre, branchez vous sur LE RDV MANGUÉson émission live chaque dimanche.

China Moses 

Même s’il se considère comme un maillon de la chaîne, je continue de penser que JP MANO est un trésor national. Connaissance, passion et beaucoup à partager, il fait partie des personnalités du Hip-Hop en France qui oeuvre pour cette culture, qui participent à la transmission de la connaissance et nous rappelle que nous avons de quoi être dignes. À travers ses mots, c’est une fierté que l’on en dégage. À travers les sons, c’est le plaisir de se retrouver et de passer des bonnes soirées. Son mot de la fin donne à réfléchir :

« La musique en 2017 est plus que nécessaire. On finit par oublier qu’on est plein de gens biens, on peut se raccrocher à une image plus noble avec la musique. C’est important de réparer le regard que l’on porte sur nous-même et de partager le savoir ».

Que demander de mieux ? 🙂 Merci JP

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