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S’il y a bien un homme à surveiller, cette année c’est lui : Childish Major. Son projet Woosah était l’un de mes favoris en 2017. Un artiste qui invite à la relaxation ? Quoi de mieux que 8 titres tous plus doux les uns que les autres à consommer après 22h pour encore mieux en ressentir les effets. Woosah comme en relaxation ?

« Oui, c’est moi en train de me dire de me détendre, sur les choses qui se passent dans ma vie. J’ai commencé comme producteur,  puis rappeur. C’est moi et les choses liées à mes relations face à la pression que je mettais sur moi, la galère sur certaines choses telles que faire carrière dans la musique… »

Originaire de Caroline du Sud, il a été influencé par les artistes de Caroline du Nord et d’Atlanta. Il y vit depuis 7 ans. « Au niveau du Hip-Hop le son du sud, a toujours un côté dur avec des histoires qui viennent du fond du coeur. J’écoutais beaucoup 9th Wonder, Little Brother Pour le projet Woosah, on a un studio à Atlanta, où j’ai fait pratiquement toutes les prods pour les autres artistes. Pour moi, le processus était de faire des sons, entre les sessions ou les moments où je ne bossais pas pour les autres. C’est devenu une collection de morceaux que j’ai rassemblée. J’habite à côté du studio, donc je peux être dans mon lit, avoir une idée et j’y vais et je m’enregistre, souvent seul. C’est moins le cas aujourd’hui, mais à l’époque de Woosah, c’était ma manière de faire. »

Ce qu’il fait est le reflet de sa vie. On trouve aussi un mix parfait entre le côté rude d’Atlanta et une vibe douce à l’oreille et mélodieuse, qui correspondant bien à sa personnalité. Childish Major dégage de la simplicité et un côté à la cool que j’adore. Perso, sa musique me donne envie de me poser et me détendre.

Depuis peu, il s’est lié d’amitié avec le producteur Terrace Martin :

« On partage beaucoup de choses, là d’où l’on vient, il a une connaissance de l’histoire de la musique, de son aspect technique, une connaissance de la vie. Nous nous sommes rencontrés pendant la création de To Pimp A Butterfly, il était dans la pièce à côté pendant que j’avais une session, on s’est retrouvés dans le lobby et il est venu écouter mes sons. On s’est revu à nouveau aussi à NYC et on s’est reconnectés pour la création de l’album de Arin Ray. » 

C’est un bon signe pour nous les passionnés de musique, car Childish avance dans la bonne direction et fait attention aux détails.

« J’ai le contrôle entier dans ce que je fais, car nous sommes indépendants. La pomme, c’est un symbole de positivité, c’est pour ça que sur la cover de l’album, je tiens la pomme près de mon torse…C’est une manière de m’identifier avec mes fans comme certains emojis. J’ai des chansons qui vont encore plus définir ce symbole, mais pour l’instant c’est juste ça. L’intérêt de faire de la musique pour moi c’est de m’exprimer, mais cela va aussi au-delà. J’ai envie d’être impliqué sur la direction artistique, comme sur la cover de Woosah par exemple. C’est dur pour moi de tout laisser à quelqu’un et de laisser cette personne avoir 100% le contrôle sur ce qu’elle va m’apporter. Je préfère n’en vouloir qu’à moi quand quelque chose ne marche pas comme prévu et j’adore le processus créatif. »

Alors Childish Major, c’est un producteur ou un rappeur ? 

« Quand j’ai commencé, j’adorais créer des beats, produire et être créatif, c’était une échappatoire. Quand j’ai commencé à avoir plus de reconnaissance, c’est devenu du travail du genre moi en train de courir après les artistes ou certains rappeurs, pour qu’ils posent sur mes sons. Aujourd’hui, je suis moins sur ça, car c’est moi le rappeur. Je suis dans un entre deux et je veux retomber à nouveau amoureux de ce processus créatif et non pas, penser uniquement à avoir des placements pour mes prods. »

Comment s’est faite la connexion avec Arin Ray pour ce titre HMU ?

« Je suis ami avec son manager, on a été présenté à une session et je n’avais pas entendu parler de lui avant. Il m’a fait écouter des choses qui allaient finir sur Platinum Fire et je me suis dit : « Damn il faut que je fasse partie de ça ! ». Je lui ai donné des prods, et il savait que je bossais sur mes propres titres, donc son manager m’a dit : « Arin a un pur titre sur ta prod est-ce que tu veux poser dessus ? ».J’ai fait le couplet je l’ai renvoyé et voilà, on est amis aujourd’hui et on va continuer de bosser ensemble. »

Le passage de producteur à rappeur est un long parcours où est-ce que tu te situes exactement ?

« Je sens que je vais toujours continuer de faire des beats, mais j’aime faire des chansons. Quand je commence l’aspect prod, j’ai vraiment envie que cela devienne quelque chose immédiatement. Je suis amoureux de l’écriture en ce moment. »

Les réactions sont telles qu’aujourd’hui il fait confiance à sa voix et il se challenge à écrire sur des sujets différents avec des flows différents.« Pour moi c’est plus facile d’être vulnérable que de rester en surface. J’ai envie de me pencher sur la musique dans les films et jouer dans les films. C’est probablement l’un des plus gros objectifs pour moi, d’avoir de la musique au cinéma, à la tv, dans les documentaires plutôt qu’avec des rappeurs. »

En tant que producteur qu’est-ce qui te touche chez un artiste ? 

« J’aime quand les gens racontent leur vérité, j’aime tous les styles, mais j’aime quand ils racontent leur propre histoire, tout le monde peut avoir un certain flow, mais il s’agit que je puisse te croire quand tu dis les choses. Je veux faire ressortir l’authenticité car c’est ce que moi je veux être. Il y a des moments où je me dis que les gens ne sont pas obligés de tout savoir, mais il a des moments où je me dis que quelqu’un a besoin d’entendre ce que j’ai à dire. C’est un mix des deux, car tu ne veux pas trop partager et laisser un peu pour l’imagination. C’est là où la partie créative opère, je suis vulnérable, je dis beaucoup, mais à la fin, les gens vont décider avec leur interprétation. »

« La musique est une thérapie, c’est comme sortir les poubelles (rires), sortir les choses en soi. Woosah m’a permis de tester la température de voir la réponse des gens et la réaction sur certains sons, maintenant je veux défoncer des portes et solidifier ma place en tant qu’artiste, trouver de nouvelles façons d’utiliser ma voix. »

C’est tout ce qu’on peut lui souhaiter 🙂 Childish Major a beaucoup de potentiel et un style bien à lui. Il est l’équilibre entre la douceur et le bounce d’Atlanta. À découvrir et soutenir.

Pics by @avpham

STAY HYDRATED

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